A Le Mené, Sonia accueille Sofia, une jeune réfugiée Ukrainienne

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Sonia et Sébastien Langlard accueillent depuis deux semaines Sofia. A 13 ans, cette ukrainienne a dû fuir son pays seule pour arriver à Plessala il y a deux semaines. Investi dans une association en partenariat avec l’Ukraine, le couple s’est porté volontaire pour recevoir la jeune fille.

Le passeport de Sofia est sur la table, ainsi que d’autres documents en ukrainien. Elle est actuellement scolarisée au collège Vasarely de Collinée. « Le collège a vraiment fait un super accueil. Etant donné qu’il y a déjà beaucoup d’enfants qui parlent une langue étrangère, elle peut suivre des cours de Français Langue Seconde » explique Sonia. Sofia ne parle en effet pas un mot de français et un anglais « très léger ».

Sonia et Sébastien accueillent depuis plusieurs années des enfants ukrainiens dans le cadre des échanges de l’association Liouba Lorr’Ukraine, basée dans l’est de la France, dans les Vosges. « Les ukrainiens ont trois mois de vacances en été, nous faisions venir des enfants à partir de 6 ans pour un séjour linguistique d’un mois. » L’association, en 25 ans d’existence, a permis à 3 000 enfants de faire le voyage. En plus de ceux-ci, des troupes de jeunes ukrainiens réalisaient une tournée de spectacles pendant ce mois d’échange.

Une famille élargie

C’est ainsi que Sonia et Sébastien ont connu Alina, qui a presque 18 ans aujourd’hui.

« Elle fait partie de la famille maintenant »

sourit Sonia en montrant une photo accrochée au mur. En plus des quatre enfants du couple, Alina est entourée par sa deuxième famille. Elle parle français couramment depuis l’âge de sept ans et est venue à plusieurs reprises à Plessala. « Elle a passé le nouvel an avec nous. Elle est repartie en janvier après la chorale des chants de Noël qu’on organise tous les deux ans avec l’association. La guerre a commencé fin février. »

Jusqu’à maintenant, Alina ne voulait pas quitter son pays. « Ma hantise, c’était qu’elle prenne les armes, confie Sonia. Ma fille m’avait dit que si Alina s’engageait, elle aussi irait se battre. » Toujours en contact, Sonia sait maintenant qu’Alina et sa famille sont sur la route pour partir : « Ils ont utilisé un bateau gonflable pour traverser le fleuve parce qu’il n’y avait plus de pont. Maintenant, ils sont dans un tracteur. Il y a un bus pour les récupérer mais nous ne savons pas où. »

Sonia échange des messages presque quotidiennement avec la jeune fille. Elle montre les vidéos qu’elle a pu recevoir. Des enfants et jeunes adultes sont à l’arrière d’un tracteur dans le froid, mais « toujours avec le sourire ».

Un périple d’un mois

Alina sera bien évidemment la bienvenue quand elle arrivera en France, « dans un mois selon sa mère », ainsi que deux autres enfants de la troupe de cirque que le couple avait reçus. « Nous nous sommes proposés pour les accueillir et Sofia est arrivée également. » Le couple ne connaissait pas cette dernière avant de l’inviter à rester chez lui. Une autre association venant en aide aux réfugiés avait en effet fait appel par manque de famille d’accueil.

Ensuite, ils ont réussi à établir un contact avec la famille de Sonia, qui a donné à leur fille passeport, documents officiels et le document qui leur cédait les droits parentaux. « Elle est arrivée avec un sac à dos, c’est tout », décrit Sonia. Elle avait également un carnet avec des codes pour contacter ses parents sur les réseaux sociaux.

« Une chance de venir étudier en France »

D’autres mineurs isolés arrivent avec un carnet où est dessiné un arbre généalogique. « L’association nous a dit que c’était plutôt mauvais signe », explique Sébastien. Les nouvelles qu’ils réussissent à capter grâce à leurs contacts dans la région ne sont pas plus encourageantes. « Les derniers messages de la maman d’Alina sont assez glaçants. Elle confirme qu’il y a beaucoup de filles violées. » Cependant, personne sur place ne perd espoir : « J’ai reçu un message d’un de mes contacts qui est policier et qui m’a dit que leur ville (Kiev) était libérée de l’envahisseur russe », confirme Sébastien.

La mère de Sofia a essayé de relativiser la situation pour sa fille : « Ne prend pas ça comme une fuite de la guerre, mais comme une chance de venir étudier en France ». Sonia souligne que l’adolescente « a vu des choses qu’elle n’aurait jamais dû voir ». Cet impact psychologique sur les enfants est à prendre en compte si on souhaite en accueillir, explique-t-elle : « C’est un grand bouleversement pour eux. Quelques fois, ce sont les parents qui les ont mis dans un bus contre leur avis. »

Elle conseille donc à toutes les familles qui souhaiteraient accueillir des mineurs isolés de se tourner vers des associations : « Cela permet d’avoir un encadrement par des personnes qui connaissent, qui peuvent aussi aider à faire le lien. Dans notre association, les anciens jeunes venus en séjours nous aident à dialoguer en ukrainien. » Sofia n’a pas encore de visa officiel. Pour cela, il faut aller à la préfecture de Saint-Brieuc, un déplacement prévu bientôt par Sonia et Sébastien.

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